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Le péage positif pour récompenser les automobilistes vertueux

Il s’agit de récompenser les usagers d’une infrastructure pour son « non usage » pendant les heures de pointe afin d’agir sur la réduction de l’intensité du trafic.

Une approche née aux Pays Bas

La congestion  représente aujourd’hui  un  frein pour le développement économique des grandes et moyennes villes  avec 40 % de temps perdu sur les routes saturées en moyenne sur un trajet d’une heure. Ce temps  perdu constitue  un coût important pour la  collectivité (carburant, temps de travail) et participe à la baisse de l’attractivité du territoire.  Les coûts de maintenance de ces infrastructures saturées matin et soir se situent à un niveau élevé.  Cette congestion aux heures de pointe dégrade la qualité de vie par l’augmentation du stress quotidien, la qualité de l’air  par les émissions de gaz nocifs et de microparticules,  et la qualité environnementale par les émissions de gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique.
L’analyse des facteurs générateurs de cette congestion périurbaine met en lumière des modèles organisationnels et  sociétaux ainsi que des schémas comportementaux individuels très enracinés : départs au travail synchrones,  coïncidence des heures de conduite pour les particuliers et pour les transports, phénomène d’autosolisme, distance domicile‐travail plus longue, faible usage des transports publics, trajet effectué de bout en bout en voiture…

Deux alternatives sont traditionnellement mises en œuvre: l’augmentation des capacités routières et des transports  publics d’une part, la régulation des flux par le péage ou par une taxe d’autre part.

Depuis 2008,  une approche «  Spits Mijden ou lissage de pic » a émergé aux  Pays-Bas. Elle vise à récompenser les usagers d’une  infrastructure pour son «non-usage» pendant les heures de pointe afin d’agir sur la réduction de l’intensité du trafic. Cette  approche innovante a  donné lieu  à des programmes de récompenses monétaires à destination des conducteurs évitant d’utiliser leur voiture aux heures de pointe. Aujourd’hui, les Pays-Bas mènent des projets de changement  de comportement des automobilistes dans diverses  régions. Ils sont subventionnés par l’Europe et portés par les Régions.  A  l’initiative du programme d’investissement «  Beter benutten» (pour une meilleure utilisation des infrastructures  existantes), l’Etat Néerlandais a préféré investir dans  l’optimisation des usages plutôt que dans la construction des  nouvelles infrastructures

Septembre 2016 / Grand Paris

Cette solution a été retenue par la Société du Grand Paris (en partenariat avec le STIF) , dans le cadre du 2ième appel à projets sur la « mobilité autour des chantiers du Grand Paris ». Il s’agit de tester sur le terrain des solutions nouvelles qui permettent de réduire les nuisances et l’impact des chantiers du Grand Paris Express sur la mobilité des usagers et riverains du Grand Paris. Le péage inversé a été retenu parmi les 71 projets  reçus pour relever le « défi de la Mobilité ».

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Voir la vidéo explicative :

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Expérience Lilloise
Pour décongestionner les entrées de l’agglomération lilloise et lutter contre la pollution, la Métropole européenne de Lille a testé l’écobonus mobilité, qui s’inspire du concept de « péage positif » mis en place parEgis à Rotterdam, aux Pays-Bas. Résultat : d’après une première étude, le système de l’écobonus mobilité pourrait faire diminuer le trafic routier entre 5 % et 10 % sur les points de saturation visés, écourtant ainsi les temps de trajet des métropolitains aux heures de pointe. La mise en place à grande échelle est prévue en 2018.

ils ont testé, ils ont aimé :

  • Leila : « Ça a été le déclic pour changer mes habitudes ! Désormais, je prends plus volontiers les transports en commun et me sens plus responsable dans ma façon de me déplacer. »
  • Fabien : « Je suis complètement fan de la démarche, qui peut avoir des résultats extrêmement positifs. Je partais après 19 h 30 et j’ai décalé le matin […] Au final, j’ai gagné 30 minutes de vraie route ! Cette expérimentation a été une très bonne surprise. »
  • Cécile : « Le bénéfice, quand j’arrive à décaler mes horaires, c’est le gain de temps, moins de stress. Sur l’autoroute, à 20 h, c’est fluide : moins d’essence consommée, moins d’air pollué. »

Comment ça marche?

En moyenne, avec un niveau de récompense minimum  de 2,5 euros par trajet évité ou reporté, le taux de  participation active constaté est de 33%.  Cela permet d’atteindre de 8 à 10% de réduction du  trafic, chiffre suffisant pour désengorger une autoroute  aux  heures de pointe.  D’un point de vue technologique, ce sont des caméras LAPI qui sont utilisées pour identifier les automobilistes et assurer le contrôle de la fraude. Cette technologie  est fiable et efficace son utilisation demande des précautions techniques  (non conservation des données, anonymisation…) et  des déclarations de fichiers auprès des  autorités compétentes.

Le système développé à Rotterdam, rassemble 12 000 participants. Testé depuis plus de 5  ans, le dispositif semble faire la preuve de son efficacité réduisant le trafic de 5 à 10% pendant les heures de pointes.  Grâce à ce système, 4 100 trajets sont évités chaque jour à Rotterdam et on constate 40 % de participation en moyenne par jour pour un crédit de 3 € en cash ou de 3,50 € sur une carte de transport.

Pour en savoir plus :

Lire l’article de Réussite à l’international :
Rotterdam, une nouvelle phase pour le «péage inversé »